Comment je suis venu à l’art pictural, aux collages, à cet attrait pour l’image bien que toute mon écriture est à l’opposé du visuel ? Quel rapport entre toutes ces collections d’images (peintures, illustrations, photos, collages…) et mon travail d’écrivain ? Il y a un rapport entre l’oeil, l’image, la vision, la main, la bouche, le langage, la parole. Quel est-il ? Entre les « suites » et les collages, qu’est-ce que je cherche tant il me semble que quelque chose m’échappe dans ces actes de création ?

Que ce soit pour un texte ou pour un collage, il m’apparait que la recherche porte sur l’équilibre des compositions scripturales ou picturales. Je ne dis pas la « bonne composition » mais son équilibre interne, les rapports de force (ou de faiblesse) qu’entretiennent les éléments entre eux, leur proximité, leur éloignement, leur paradoxe, l’incertitude à en comprendre leur rapprochement et en dégager un sens (la question du « message » étant d’une autre nature). La question n’est pas « qu’est-ce que j’ai choisi de dire ? » mais, d’abord, « qu’est-ce que j’ai choisi d’assembler ? »

Reste pourtant à décrypter l’interaction entre les différents éléments tant nous sommes prompts à rechercher des significations entre éléments disparates assemblés, ce que que je tente rarement. Chaque élément est à sa place, c’est l’équilibre de la composition. Je m’en satisfais à ce stade
(Extrait de Origines, HC, 2021-2024)