
Errance dans les images, les photos, les tableaux, les collages. Ce qui vient à l’esprit est de l’ordre de l’errance, construite de détours, d’avancées, de retours, une partition qui se déchiffre selon les circonstances, au hasard des rencontres. Mais y-a-t’il vraiment des hasards ?
L’errance prédispose à retenir formes, couleurs, courbes et aplats, visages et corps, relations et oppositions ou répétitions avec précision. Chaque pas est une accumulation de significations qu’il faut ordonner et ranger, et loger sans en oublier les articulations. Errance dans les visions des autres.
L’errance est circonstance. Ou dévotion. Superposition d’attente et d’écriture. Une attente, des écritures. Vision extatique accompagnée d’un concerto pour piano et cordes de Haydn (in D major). Tout est dans la mémoire, mains à plat qui accompagnent ou qui retiennent.
Ce que ne dit pas l’image, c’est une possible douleur. Mais on ne sait pas. On n’en saura rien d’ailleurs. La tension est toute musicale, pas corporelle. Et que serait cette douleur sinon la montée d’un souvenir (d’un sentiment ?) tout inattendu. L’imprévisible est une aussi une attente.
L’imprévisible est sensuel.
(Extrait de Origines, HC, 2021-2024)